L'Égypte (Masr, Misr), officiellement la République arabe d'Égypte, est un pays d'Afrique du nord-est. La partie nord-est du pays constituée par la péninsule du Sinaï se situe cependant en Asie.
Sa capitale est Le Caire (al-Qâhira), sa langue officielle est l'arabe, sa langue parlée est l'égyptien (arabe dialectal) et sa monnaie est la livre égyptienne.
Histoire
Durant près de 3000 ans, la vallée du Nil vit prospérer une des civilisations les plus brillantes de l'histoire. Après de nombreuses invasions et occupations diverses, le pays des pharaons tomba définitivement sous domination arabe au VIIe siècle de notre ère. Sa culture reste aujourd'hui encore fortement marquée par l'identité arabe, dont le président Nasser fut l'un des plus célèbres pionniers.
De nos jours l'Égypte musulmane s'inscrit dans un cadre politique moyen-oriental, imprégné par ses nombreux conflits avec l'État d'Israël.
Outre ses ouvrages monumentaux contemporains tels que le canal de Suez ou le barrage d'Assouan, elle demeure mondialement connue pour ses richesses archéologiques présentes dans de prestigieux musées internationaux. La disparition de nombreuses archives fait cependant que son histoire reste fragmentaire, bien que l'évolution des technologies nous permette de mieux en saisir la grandeur et la portée.
Politique
La République arabe d'Égypte est officiellement une république démocratique.
Le pouvoir exécutif est détenu par le président de la République. Depuis 1981 Mohammed Hosni Moubarak occupe le poste de président, réélu lors de référendums tous les six ans. En 2005 l'élection pour la présidence était pour la première fois ouverte à d'autres candidats. Le pouvoir législatif appartient à l'Assemblée du Peuple (membres élus pour une durée de cinq ans par suffrage universel). Enfin une assemblée consultative, appelée la Choura, est consultée par le président de la République et l'Assemblée du Peuple sur les décisions politiques. Cette assemblée est composée de 264 membres dont deux tiers sont élus, et un tiers nommé par le président de la République.
L’islam est la religion d'État mais les libertés de pensée et de cultes sont officiellement assurées.
Des organisations défendant les Droits de l'Homme dénoncent des atteintes aux droits de l'Homme[1].
L'excision y est encore largement répandue bien qu'en décembre 1997, la Cour de cassation égyptienne a rendu un arrêt en faveur d'une interdiction gouvernementale des MGF, dans lequel il est stipulé que les contrevenants s'exposent à des sanctions criminelles et administratives. Il existe en outre un décret ministériel qui interdit ces pratiques. Malgré ces lois et décrets, les MGF se perpétuent encore en très grande majorité dans ce pays et concernerait plus de neuf femmes sur dix[2].
Géographie
On distingue généralement quatre régions, la Basse-Égypte, la Moyenne-Égypte, la Haute-Égypte et la Nubie.
L'Égypte multiplie les extrêmes : pays arabe le plus peuplé, 90 % de sa population habite dans une bande de terre fertile qui longe le Nil (24 km dans sa plus grande largeur près du Fayoum, en moyenne 10 km, mais peut n’avoir qu’une centaine de mètres). Le reste du territoire est désertique.
Au sud, le Nil se heurte à une barrière montagneuse ; à mesure qu'il se dirige vers le nord, le paysage devient de plus en plus plat et désertique.
Au nord du Caire, la vallée se transforme en un vaste delta de 200 km de large, semblable à un grand éventail fertile plongeant dans la Méditerranée.
À l'est de la vallée se trouve le désert d'Arabie, à l'ouest le désert de Libye, plateau aride ponctué de formations géologiques bizarres et d'oasis luxuriantes.
À l'est, par delà le canal de Suez, s'étend la péninsule du Sinaï, extension du désert d'Arabie, où le mont Sainte-Catherine culmine à 2 642 m.
Grandes villes
Outre la capitale, Le Caire, les grandes villes égyptiennes sont les suivantes : Alexandrie, Assouan, Assiout, El-Mahalla El-Kubra, Gizeh, Hurghada, Mansourah, Louxor, Karnak, Kôm Ombo, Port Safaga, Port Saïd, Charm el-Cheikh, Shubra-El-Khema, Suez, Zagazig.
Climat
Le climat de l’Égypte est exceptionnel et se résume à deux mots : chaud et sec. L’air y est particulièrement sec et salubre, et seul le Nil fait qu’on n’y retrouve pas totalement le climat saharien. En hiver, la température est douce et les gelées nocturnes sont exceptionnelles. Mis à part les mois de janvier, février et mars, parfois assez froids dans le nord, les températures moyennes avoisinent 20° sur la côte méditerranéenne (maximales 31°) et 28° à Assouan (maximales 50° !). Dans le désert, les extrêmes sont de rigueur - incandescent le jour, glacial la nuit.
Devenue sensiblement plus humide depuis la construction du haut barrage, la Haute-Égypte ignorait pratiquement la pluie dans l’Antiquité, au point que celle-ci apparaissait comme un présage, en général funeste, aux yeux de ses habitants.
Le delta du Nil et surtout le cordon littoral connaissent une moins grande sécheresse. Pendant l’hiver, de violentes ondées transforment la région en marécages, mais ces précipitations restent encore assez rares (la moyenne au Caire est de six jours de pluie par an). Alexandrie est la ville égyptienne qui reçoit le plus de précipitations, environ 19 cm/an, tandis qu'Assouan ne reçoit qu'environ 10 mm tous les cinq ans.
Au printemps sévit assez souvent le khamsin, un vent sec, chaud et très poussiéreux, souffle brûlant des déserts du sud-est. À la vitesse de 150 km/h, il arrache les feuilles des arbres et donne au ciel une teinte orange foncé ; l'air se charge de poussière ce qui rend la respiration oppressante. Pendant ces cinquante jours (d'où le nom de cette saison), l’Égypte connaît quelques violents orages, symbolisés par le dieu Seth.
En été, la température est élevée, mais une brise régulière du nord rafraîchit l’atmosphère, si bien que cette chaleur sèche est plus supportable qu’une chaleur humide.
Ce grand soleil, cette chaleur sèche n’ont pas été sans influer sur les mœurs des anciens Égyptiens : le besoin de vêtements ne se faisait guère sentir, mais la perruque était utile pour se protéger des rayons du soleil ; les bains et les soins de la toilette rafraichissaient l’épiderme, tandis que les fards, les cosmétiques, les parfums protégeaient la peau et les yeux de la réverbération solaire, et masquaient l’odeur de la transpiration.
C’est aussi pour recueillir quelque fraicheur que l’on construisait en briques épaisses, que l’on travaillait sous les vérandas, que les gens aisés cachaient leurs demeures dans la verdure des jardins.
Flore et faune
De la flore sur une île du NilSi l'Égypte est à 94 % désertique, elle n'en abrite pas moins divers écosystèmes qui se sont adaptés à des conditions particulièrement hostiles : lotus, papyrus, palmiers, tamaris, acacias, jacarandas, poincianas, mangroves...
Un dromadaire sur une plage de la mer RougeCôté faune, on dénombre environ quatre cent trente espèces d'oiseaux et une centaine de mammifères, au nombre desquels les dromadaires, les ânes et les gazelles… On comptait auparavant une variété extraordinaire de grands mammifères (léopards, oryx, hyènes, lynx du désert…), aujourd'hui anéantis par la chasse. Très à leur aise, en revanche, trente-quatre espèces de serpents, des scorpions et quelques crocodiles vivent du côté d'Assouan.
Économie
Felouque sur le NilLe pays est en proie à de grandes difficultés économiques. Autrefois (vers -400) essentiellement agraire, l'économie égyptienne tente désormais de se diversifier vers des domaines comme le tourisme ou l'industrie. Les principaux partenaires économiques de l'Égypte (en 2004) sont les États-Unis, l'Union européenne, et le Japon. Les principales ressources économiques de l'Égypte sont le pétrole, les métaux, le tourisme, et l'agriculture (surtout le coton).
En 2006, la Banque mondiale donne le classement suivant pour les premiers pays africains :
Démographie
Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.
Culture
Culture de l'Égypte , Littérature égyptienne , Cinéma égyptien et Musique égyptienne.
Famille égyptienne, au loin les pyramides d'ÉgypteLes fêtes religieuses varient suivant le calendrier lunaire (Baîrams, Aïd el-Kebir, Mouled el-Nabi). Le calendrier islamique étant plus court que le calendrier grégorien, les fêtes religieuses reculent de onze jours environ tous les ans. Le ramadan est respecté, quoi que beaucoup d'égyptiens tentent de contourner la règle du jeûne en modifiant leurs heures de veille. L'abstinence et le manque de sommeil rend les gens parfois irritables à cette période. Mais le ramadan est aussi un temps magique pour faire des rencontres et participer aux nombreuses fêtes qui débutent à la rupture du jeûne.
Historique
Depuis les campagnes napoléoniennes qui amenèrent à côté de corps expéditionnaires, de nombreux ingénieurs, historiens, égyptologues, linguistes, juristes et médecins, l'Égypte accueillit une communauté française importante. D'autres communautés étrangères existèrent au même moment, italienne, grecque, israélite, etc... Toutes avaient en commun une « lingua franca » qui était le français. L'élite égyptienne, puis la classe moyenne, envoya ses enfants apprendre le français. Le code napoléonien servit de base aux institutions égyptiennes modernes. Jusqu'en 1956, année de la crise du canal de Suez, la langue française joua un rôle important en Égypte, y compris sous le protectorat britannique.
Avec le départ des communautés étrangères d'Égypte, le français ne disparut pas pour autant. Sur le plan international, l'Égypte fut un membre actif au sein de la communauté francophone. C'est l'Égypte qui imposa la langue française dans tous les traités internationaux concernant la crise du Proche-Orient. C'est un haut-diplomate égyptien, Boutros Boutros-Ghali, ancien Secrétaire général des Nations Unies, qui fut même Secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie[4].
L'enseignement du français
La caractéristique essentielle du paysage bilingue égypto-français est sa diversité. Les types d’établissements sont de statuts différents (écoles expérimentales, lycées Al Horreya, écoles d’investissement, écoles confessionnelles).
72 écoles dites « bilingues » enseignent le français renforcé (LV1) à 45 000 élèves. Les cours sont assurés par environ 2000 enseignants, dont une cinquantaine de Français.
Élément phare d’un autre pan du bilinguisme en Égypte, le Lycée français du Caire scolarise, quant à lui, plus de 1 600 élèves, parmi lesquels 47 % sont de nationalité française et 32,5 % Égyptiens.
Il faut y ajouter les 10.000 élèves supplémentaires répartis dans les cinq autres établissements cairotes, ainsi que dans le lycée d’Alexandrie, le lycée de Port Saïd, les petites écoles françaises de Charm el Cheik, Ourghada et les nombreux instituts et écoles à cursus français qui poursuivent le même objectif.
Enfin, comme composante non négligeable du paysage francophone éducatif égyptien, on évalue à quelque 1,7 millions le nombre d’élèves, encadrés par environ 10 000 enseignants, qui étudient le français en deuxième langue vivante (LV2)[5].
(En ce qui concerne les écoles privées chrétiennes, elles accueillent aujourd'hui une majorité de jeunes musulmans. Un contrat passé avec l'Etat égyptien assure en théorie un contrôle du contenu pédagogique)[6].
Religions
La majorité des égyptiens se réclament de l'Islam, fondé au début du VIIe siècle par Mahomet et introduit en Égypte en 642. La prière représente une partie essentielle de la vie quotidienne du croyant, que le muezzin (et maintenant les haut-parleurs) appelle cinq fois par jour du haut des minarets. L'autorité religieuse suprême est le sheikh d'Al-Azhar, dont le rôle est de définir la ligne officielle de l'islam sur la plupart des choses.
Les Coptes forment la principale minorité religieuse (15%), avec une forte représentation dans les régions de Haute-Égypte (Beni-suef, El-minya, Assiout, Sohag, Qena, Louxor). Avant l'arrivée de l'islam, le christianisme était la religion prédominante dans le pays, l'un des premiers à avoir embrassé cette nouvelle foi. Les Coptes sont la résultante d'une scission de l'église orthodoxe d'Orient. Longtemps voués à la vie monastique, ils constituent aujourd'hui une élite cultivée (dont le représentant le plus connu est l'ancien Secrétaire général des Nations unies, Boutros Boutros-Ghali) et une minorité économiquement puissante. Il est interdit pour un Chrétien d'épouser une Musulmane, mais l'inverse est possible, et les deux communautés cohabitent à peu près paisiblement. Cependant, le vendredi 28 octobre 2005, à Alexandrie, des milliers de musulmans s'en sont pris à l'église copte-orthodoxe Saint-Georges en jetant des pierres et en criant des injures antichrétiennes[7]. La police a tiré sur la foule en colère faisant trois morts et 80 blessés[8].
Les bahaïs, communauté d'environ 10 000 personnes, ont obtenu le droit, par le tribunal de première instance d'Alexandrie, d’inscrire leur confession sur leur carte d’identité[9]. Cette confession est apparue au milieu du XIXe siècle avec comme premier apôtre Al-Mirza Ali Mohamed Al-Chirazi, né en 1844 ; Hussein Ali Nourri, né en Iran en 1810, est le véritable fondateur du bahaïsme qui compte près de six millions de bahaïs dans le monde, principalement en Iran. |